
Des années que je cherche, que je fouille. Chaque matin à partir de mars ou avril je me rends dans mon potager à la recherche de cette drogue hautement addictive. Pendant que j’en cherche la source – il faut bien s’occuper – je bêche, je bine, je sème, j’arrose, j’éclaircis, je désherbe, je récolte, avec toujours en tête cette obsession : quelle est cette substance qui me maintient au jardin plus que de raison ? Parmi les suspects j’ai au début pensé à mon vieux pommier, c’est pratiquement le seul qui est là toute l’année, mais il est si vieux et si chétif …. J’avais aussi pensé à l’eau de la source …. Mais depuis longtemps déjà, elle se tarit lorsqu’arrive l’été, alors ? J’ai remarqué un regain d’intensité vers le mois de mai; un effet des multiples germinations en cours ? Encore plus intrigant, c’est l’effet à distance, qui me fait déjà rêver dès février à de belles tomates en regardant mes misérables plantules lovées le long de la fenêtre du salon.
Allez, c’est promis, ce soir j’y retourne, et je trouverai bien un jour cette substance magique qui fait que je ne rentre qu’à la tombée de la nuit !
Je dédie cet article à Mamy Sophie
