Sobriété Heureuse …. à paraître dans Fruits & Abeilles de février

La sobriété peut-elle être « heureuse » ? et puis, de quoi parle-t-on ?

Parmi les recettes pour réduire notre empreinte sur la biosphère figure en bonne place la sobriété. Sobriété que nous vantait Pierre Rabhi (une « sobriété heureuse ») et que d’autres nous avaient proposée sous le terme moins avenant de « décroissance soutenable» ou « d’abondance frugale ». Alors, de quoi parle-t-on ? à qui s’adresse le message ? Quels sont les difficultés sur le chemin de la sobriété ? Enquête

« Développement durable, sustainable development » … et le monstre réapparu …

Une expression que je croyais s’enfoncer petit à petit dans l’oubli et qu’on pourrait maintenant considérer comme une provocation, le résultat d’une ignorance forcément volontaire de la situation actuelle, même si le propos reste inscrit dans le discours de beaucoup de dirigeants sur la planète et notamment dans les professions de foi de maint responsables politiques de l’UE et du gouvernement français, bien sûr. 

Le développement durable, c’est prétendre continuer à croître économiquement, c’est à dire à continuer à produire plus, extraire plus, polluer plus, jeter et détruire plus, sans limite, le tout en promettant que la planète restera vivable pour nos descendants (et pour nous-même !). Une belle illustration de l’expression « faire l’autruche » !

Reprenons les faits :

  • nous constatons que ce que prédisent les scientifiques depuis les années 1980 se réalise, visiblement encore plus vite et plus fort que prévu : tempêtes, inondations, sécheresses, canicules, baisse de la biodiversité et de la production agricole mondiale, pandémies … Il est donc urgent de ralentir la destruction de la planète sous peine de voir Sapiens disparaître
  • la population mondiale continue d’augmenter +1 milliard en 11 ans, et le rythme ne baisse pas : 2% par an pour encore des décennies
  • les pays qui n’ont pas encore atteint les conditions de vie au standard nord-américain et européen revendiquent le droit à construire les infrastructures nécessaires, et une partie croissante de la population mondiale adopte ce mode de vie (consommation d’énergie, de biens manufacturés, de viande …)
  • la décroissance s’impose donc pour absorber les deux phénomènes et pour essayer d’enrayer la catastrophe écologique qui se déroule sous nos yeux

Dans cette situation, comment oser prôner le « développement » , synonyme de « croissance » (que l’on ose plus utiliser) ? L’argument utilisé par les plus riches et leurs marionnettes politiques est qu’il est possible de faire croître l’économie sans augmenter la consommation de bien matériels, grâce à une économie de services … le découplage entre croissance et impact écologique … un seul mot me vient en tête : foutaise.

Timothée Parrique en a fait la démonstration dans sa thèse qui a été reçue et primée en 2019 : un gros pavé passionnant mais ardu à lire. Heureusement l’auteur en a fait un livre « Ralentir ou périr: L’économie de la décroissance » que chaque chantre du développement durable doit impérativement lire avant de reprendre la plume sur le sujet.

Fruits et Abeilles – rubrique permaculture – Le cycle de l’énergie – Janvier 2023

Il n’aura pas échappé au lecteur que, depuis un certain temps déjà, le soleil se lève à l’Est et se couche à l’Ouest. A force de le voir scander chacune de nos journées, à force de vivre une bonne partie de notre vie sous des éclairages artificiels, nous n’y faisons même plus attention, sauf quand il nous fait défaut au moment des vacances. Je voyais récemment dans les regards de l’assistance une lueur de doute lorsque je proposais de s’occuper principalement du soleil et de l’eau pour nos plantations, que le reste se ferait tout seul. Et pourtant cela est si vrai ! Cet article complète la série commencée en 2022 sur les cycles naturels, il essaie de déchiffrer le cycle complexe de l’énergie et quelques mécanismes qu’il faut connaitre

Haro sur les retraites et cadeaux aux actionnaires : riches (beaucoup) plus riches, pauvres plus nombreux et plus pauvres : non à la réforme des retraites, bougeons-nous.

Il est indispensable d’avoir en tête les ordres de grandeur lorsqu’on veut se faire une opinion sur les orientations du gouvernement français actuel.

Faisons très simple :

  • Budget de dépense de l’état 2022 : 494,8 Mds€ (1)
  • Recettes des retraites : 340 Mds € d’après COR, (2)
    • « deficit » annuel des retraites envisagé pour 2023-2027 : 10 Md € (2) (soit 3% des recettes ou 2% du budget de l’état sachant que le régime était excédentaire de 900 millions en 2021)
  • Subventions 2022 aux entreprises du CAC 40, Total en tête : entre 157 Mds € et 200 Mds € (3),(4), soit 32% du budget de l’état avec une diminution des investissements, de la recherche et des emplois (8)(2)
  • Dividendes versés aux actionnaires du CAC 40 : 80,5 Mds € (3)(4), soit la moitié des subventions données par l’état, en augmentation de 16% par rapport à 2021 (3)
  • à corréler avec l’augmentation de 86% de la fortune des milliardaires en 2 ans (9)

En résumé, le projet est de continuer à augmenter les revenus des plus riches (+86%) et à pénaliser les plus pauvres y compris avec la baisse continue du niveau de vie des retraités (2) en s’assurant qu’ils travaillent jusqu’à ce que leur santé décline (7). A terme on peut envisager que la retraite « standard » du plus grand nombre se situera en dessous du SMIC, du minimum vieillesse (916,18 € /mois (5)) et du seuil de pauvreté (1102 €/mois) (6) pendant que 30% de nos impots servent à rémunérer les plus riches qui en passant contribuent pour une large part au réchauffement climatique.

Difficile de comprendre dans ces conditions comment une majorité de citoyen(ne)s peut voter pour un choix de société pareille (il y a en France 10 millions de citoyen(ne)s « pauvres » soit 20% du corps électoral). Où est la démocratie ?

(1) https://minefi.hosting.augure.com/Augure_Minefi/r/ContenuEnLigne/Download?id=D199AB8C-0C4A-43DD-9CB3-43AFD9112D50&filename=1422%20DP-plf-.pdf

(2) https://actu.orange.fr/desintox/retraites-le-systeme-n-est-pas-en-peril-mais-a-besoin-de-reforme-soulignent-des-experts-CNT000001VV0HT.html

(3) https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/090123/cac-40-tout-pour-le-capital-nouvelle-saison

(4) https://www.vernimmen.net/Vernimmen/Edition_2022.php

(5) https://placement.meilleurtaux.com/retraite/per/minimum-retraite.html

(6) https://www.insee.fr/fr/outil-interactif/5367857/details/30_RPC/33_PAU/33C_Figure3

(7) espérance de vie en bonne santé : 63,5 ans pour les hommes et 64,5 ans pour les femmes https://www.observationsociete.fr/hommes-femmes/modesdeviehommesfemmes/lesperance-de-vie-en-bonne-sante-en-europe/

(8) https://www.insee.fr/fr/statistiques/5360813

(9) https://www.oxfamfrance.org/communiques-de-presse/la-fortune-des-milliardaires-a-davantage-augmente-depuis-le-debut-de-la-pandemie-quen-une-decennie/

Democracy isn’t capitalism-compatible. What about ecology-compatibility ?

This thought was triggered  by a post from Umair Haque on Medium, under the title « Britain’s Finally Figuring Out Brexit (Really) Was the Biggest Mistake in Modern History » where he explained the recession caused by this decision and the effect on people’s every day life (NHS no longer able to take care of the propulation). Although very sad for Britain, such a level of shrinkage of the economy (-10% in GDP states Umair) as a result of the Brexit decision is actually what will need to be achieved worldwide if we want to survive the current ecology crisis. That is why it is paramount to get the lessons learnt from the Britain’s disaster in this regard. They are to me 3-fold :

1. slowing down economy without solidarity leads to disasters : it’s clear that even if Britain had suffered from such a downturn in the frame of the EU, it would have been tempered by the solidarity in the Union (remember the case of Greece and Italy earlier on, even if it was not a great victory)

2. democracy is not capitalism-compatible. You cannot have in one hand a governance promoting human rights and equality and at the same time a de facto power (capitalism) stating anyone can be as rich as he wants exploiting the weaknesses of others and regardless of the impact on the rest of humanity (the so called « freedom »). The wealth of the richest Brits would have balanced the loss of business in the UK without any issue, whereas I guess they are even richer today (reason why they promoted Brexit) 

3. democracies are miserably failing at executing people’s expectations. Because of the power money has gained in its ability to manipulate people’s minds through communication technologies, democracies have lost their balance between prince / aristocrats / people representation and mob (see aristote platon & Co) and therefore their ability to serve the people.

As key takeaways I would pick up : 

1) revenues must be capped by law 

2) laws must enforce restrictions / control of advertising tools so that no communication campaign can promote increase in consumption of any product / resource 

3) solidarity should be the moto everywhere, in speeches as well as in actions, of course

This post was already published on Medium on January 6th December.

Fruits et Abeilles – rubrique permaculture – Retour aux sources de la permaculture 2/2 – Décembre 2022

Dans la première partie de cet article nous sommes retournés sur les premiers pas de la permaculture en résumant le premier livre décrivant le concept, intitulé « permaculture one », écrit par Bill Mollison et David Holmgren en 1978. Dans cette deuxième partie je propose une analyse critique mettant en avant ce qui peut facilement être adapté en Europe et les points discutables de la proposition

Fruits et Abeilles – rubrique permaculture – Retour aux sources de la permaculture 1/2 – Novembre 2022

Même si certains éléments de base étaient établis dès le 18ème siècle, le concept de permaculture n’apparaît sous ce vocable qu’en 1978 avec la parution du livre de David Holmgren et de Bill Mollison « Permaculture one » . Ce premier ouvrage fait la synthèse des travaux de plusieurs pionniers du XXème siècle et pose les fondations de ce qui allait devenir un grand mouvement mondial. Par ailleurs la permaculture a fait – et continue à faire – l’objet d’une myriade de publications, plus ou moins conformes aux intentions des deux visionnaires, profitant du pouvoir magique du mot-valise. Mais que doit-on retenir du concept aujourd’hui et dans quelle direction va-t-il ?

Bienvenue sur le site d’Egavar !

Mis en avant

Vous êtes les bienvenu(e)s sur mon site sans prétentions. Il m’a semblé que la seule action vraiment à ma portée pour aider mes contemporain(e)s dans la grande dégringolade écologique qui nous attend était d’écrire et de communiquer, en mettant mon expérience de journalisme technique au service de « la cause ». J’ai donc ouvert ces pages; les abonné(e)s du magazine Fruits et Abeilles me retrouvent chaque mois dans la rubrique permaculture et je réponds aux demandes des associations qui souhaitent ouvrir le débat le temps d’une conférence, en toute simplicité.

Un grand merci à Freddy Zimmermann, le président de l’Union des Fédérations Arboricoles et Apicoles d’Alsace et de Moselle et ami de longue date qui m’a ouvert la porte, tant à la rédaction de Fruits et Abeilles que dans la mise sur pieds des premières conférences il y a des années de cela.

N’hésitez pas à commenter et alimenter le débat !

Vous trouverez quelques mots sur mes convictions sur ma page « indignons-nous ! »

Denis Gadot, alias Egavar

denis.gadot@egavar.fr

Nouveauté ! à la demande de plusieurs lectrices et lecteurs qui ne sont pas abonnés à Fruits et Abeilles, vous trouverez chaque mois un fac simile de ma rubrique sur ces pages. Et pour celles et ceux qui sont intéressé(e)s, il y a aussi la possibilité de s’abonner à la version numérique ou d’acheter un numéro seul ici :

https://www.epresse.fr/magazine/fruits-et-abeilles