Burn-out : ras la casquette

Ras la casquette, c’est l’expression consacrée quand on en peut plus, quand votre entreprise exige de vous plus que vous ne pouvez ou ne devez donner ou quand le petit dernier vient d’attraper la varicelle.
Mais rendons à César ce qui lui appartient.
En effet, c’est suite à l’extension de la francophonie au 19éme siècle qu’est née une expression voisine venant d’Afrique du nord : « plein le burnous ».
Il est assez amusant de voir que les anglo-saxons ont récupéré cette expression pour la transformer en « burn-out » (comme si on pouvait être « brûlé dehors ») et encore plus amusant de voir les français la récupérer à leur tour. Ceci n’aurait jamais pu se produire au Québec je présume.

Voilà, j’espère que vous appréciez ce petit morceau d’histoire de notre langue 🙂

Plus sérieusement, comme nous pouvons le lire dans les DNA du 19 mars, beaucoup de personnes sont concernées et il est question d’en faire une maladie professionnelle ……

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Les secrets de la vie du sol – conférence AVM

Flyer

C’est ce vendredi 20 février, à 20 heures que nous aurons le plaisir de nous retrouver pour la première conférence du programme 2015 organisé par l’Association Arboriculture de la Mossig. La rencontre a lieu dans la salle de l’association, au verger école, porte de la route du vignoble à Marlenheim.
J’y évoquerai la diversité incroyable de la vie sous nos pieds, les mécanismes naturels qui permettent au sol de nourrir les plantes, la souffrance de ces sols parfois et les nouvelles techniques qui permettent d’éviter les engrais et traitements.
Nous concluerons sur un court-métrage intitulé « la révolution des sols ».
Beaucoup de sujets captivants qui feront sans douter l’objet de questions et de débats passionnants.

À vendredi soir !

Le programme 2015 est disponible sur le site de l’association : arbovalléemossig.free.fr

Un crayon pour dessiner, un pour écrire des mots et un autre pour des chansons

Ou « le racisme ordinaire et le poête »
Il ne faut pas voir le mal partout, certes, néanmoins la vigilance s’impose.

Dans son numéro du 9 janvier, les Dernières Nouvelles d’Alsace titraient : « fusillade à Montrouge : une policière tuée », et comme un seul homme avec les autres quotidiens régionaux qui « achètent » de la copie (comme le progrès par exemple qui a publié le même texte sur son web) l’article continuait en ces termes :

….. Dans le même temps, les secours devaient constater le décès de la jeune policière d’origine martiniquaise malgré leurs tentatives de réanimation

.
Je vous le demande en mille, si d’aventure la victime avait été du Roussillion, de Bretagne ou du 15éme pensez-vous que cette mention aurait figuré dans cette relation des faits ? Sûr ?
Ne voyons pas le mal partout, ce n’était peut-être pas intentionnel …

Et Il faut bien sûr reconnaître le bien où il se trouve, alors :

Un grand coup de chapeau pour la chanson de JB Bullet en hommage à Charlie hebdo et à toutes les victimes du drame, bravo, bravo, il y a du Brassens et du Renaud là dedans, bravo et merci !

A voir et revoir et reécouter ….

Et pour une fois Courage, ne fuyons pas !

Charlie Hebdo, chagrin et colère

Un tournant aujourd’hui dans notre pays, avec cet attentat innommable. Plusieurs sentiments dominent, l’horreur, bien sûr, et un immense chagrin. Je ne commente d’habitude pas les événements d’actualité. Cette fois fait exception. Je voudrais m’adresser d’abord aux familles touchées par cet acte odieux, pour leur dire que des millions de Français (et d’autres de par le monde) sont à leurs côtés. Pour m’adresser ensuite aux journalistes et aux gens de presse pour leur dire notre chagrin mais aussi qu’ils ne sont pas seuls : nombreux sont en effet ceux qui sont solidaires de leurs actions et leurs prises de positions souvent courageuses. Enfin je voudrais faire un voeu : je souhaite que l’amalgame ne soit pas fait entre la barbarie d’un tel acte et nos amis croyants de l’Islam, ce serait pire que tout.

Colère Atomique

Je vais reprendre, une fois n’est pas coutume, la célèbre lapalissade de Pierre Dac qui écrivait : « lorsque les bornes sont franchies il n’y a plus de limite » que j’appliquerai cette fois aux deux députés Hervé Mariton (Dôme) et Marc Goua (Maine-et-Loire) auteurs du projet de rapport « sur le coût anticipé de la fermeture de la centrale de Fessenheim » présenté ce jour, mardi 30 septembre 2014 devant la commission des finances.

 
Sur la base d’un arrêt de la centrale d’ici fin 2016, nos députés débonnaires nous assènent tout simplement qu’en dehors des coûts de son démantèlement, l’arrêt de la centrale coûterait au contribuable français la somme de 5 milliards d’Euros pour … payer à EDF le montant des indemnités que cette dernière serait en droit d’obtenir devant un tribunal suite à cette fermeture « anticipée » !!!!!!

Là, si vous êtes comme moi, le souffle vous manque, les bornes de la connerie (désolé, je ne suis pas souvent vulgaire) sont franchies et plus rien ne nous retient.

Alors, corrigez moi si je me trompe, mais cette centrale, mise en service en 1977, dont la durée de vie prévue était de 40 ans, a bien été financée par EDF, à l’époque propriété à 100% de l’état Français ?

Et même si le capital d’EDF a été ouvert en 2004 au privé de façon symbolique pour répondre au diktat de l’Europe, l’état en reste propriétaire à 84,49 %.
Cette centrale et EDF appartiennent donc à l’état français, il n’est donc pas question de payer quoique ce soit à qui que ce soit pour cet arrêt.

Par ailleurs, dites-moi que je rêve quand je me souviens avoir entendu maintes fois que le prix de l’electricité que nous payons depuis le début du nucléaire français permettrait également de faire des provisions pour son démantèlement ? Et qu’il y a peut-être encore des prêts qui courent et dont nous payons les intérêts ? Il n’est donc pas non plus question de coûts de démantellement pour le contribuable.

Je me demande donc, à qui on va faire avaler cette couleuvre nucléaire ? À vous ? Pas à moi en tout cas.
Et si cette ineptie venait à se vérifier, je ferais immédiatement partie de ceux qui demanderaient la renationalisation immédiate de la compagnie avec un grand pied de nez à l’Europe.

Redevenons sérieux, il y a du pain sur la planche, nous devons prendre le chemin de la fermeture à long terme de toutes ces bombes à retardement. Le Président s’est engagé à réduire de 75% à 50% la contribution du nucléaire dans l’électricité française d’ici 10 ans et nous nous sommes engagés à réduire notre consommation d’autant. C’est le moment de réaliser ses promesses.

Et cela devient urgent, la plus grosse inquiètude venant du virage à 180 degrés des communiquants d’EDF et de certains politiques qui commencent à aborder le sujet des accidents nucléaires en les banalisant, transformant les catastrophes potentielles en accidents économiques qui coûteraient x % du PIB, parlent de plan de gestion de crises, de déplacements de populations, de financement des dépollutions, etc 
La vie n’est pas à vendre, pas chez nous en tout cas, circulez, fermons ces usines de mort.
Pour vous faire très peur, je vous propose de lire le dossier spécial sur ce sujet dans le numéro 1164 de septembre 2014 de Sciences & Vie ainsi que l’inénarrable papier des Dernières Nouvelles d’Alsace en date du 30 septembre, dans lequel vous apprendrez   les procédés utilisés par nos deux comparses députés pour aboutir à leur conclusion.

Allez, courage, fuyons !

Egavar

Ecossons nos petit pois

18 septembre 2014.

Vous avez peut-être jeté un oeil distrait, ou vous n’avez pas remarqué, le non-évènement de la tentative d’indépendance ratée de l’Écosse.
Cela ne nous concerne pas, c’est si loin …
Alors peut-être vous êtes-vous demandé pourquoi la Catalogne souhaite également se séparer de l’Espagne ?
Que peut-il y avoir derrière ces tentatives démocratiques surprenantes au premier abord ?
Il y avait cette semaine un très bon début de diagnostic dans l’éditorial de Jean-Claude Kieffer des dernières nouvelles d’Alsace, sous le titre « La douche écossaise ».
Je cite : « …. pourtant, une autre raison mérite d’être invoquée : celle de vouloir être gouverné au plus près, et non par une bureaucratie centralisée – à Bruxelles ou dans les capitales nationales – avec ses chapelles élitaires si éloignées des préoccupations quotidiennes. »

Excellents éléments de reflexion pour un gouvernement qui s’apprêterait à regrouper des régions, et à continuer d’éloigner les points de décision des lieux et personnes concernés, coup de semonce également pour le monstre bureaucratique Européen.

Il est revigorant de voir que, même si ces tentatives sont des échecs pour l’instant, le projet est capable de mobiliser les foules, et peut-être pourra-t-on voir naître bientôt des démocraties de proximité, qui permettront de gérer efficacement les « crises de croissance » (1) à venir.

Vive l’Alsace !

Allez, courage, fuyons !

Egavar

(1) cf mon article intitulé « La crise ? C’est fini ! »

« sans lendemain » : un couple de colibris apporte l’antidote

Vous vous souvenez sans doute de cet article dans lequel je vous proposais de voir l’excellente animation américaine traduite par nos amis belges et intitulée « sans lendemain » (no future) qui expliquait pourquoi notre civilisation industrielle basée sur la croissance n’a pas de futur.
J’avais d’ailleurs conseillé aux dépressifs de prendre leur médicament au préalable …
Et comme je me suis donné comme objectif de positiver en présentant des solutions plutôt que de remâcher de sombres pensées, je suis très content de partager avec vous l’antidote à « sans lendemain » : le projet de Cyril et Mélanie.
Cyril-et-Melanie
Ils ont décidé de faire un film qui montrera les initiatives prises de par le monde pour sortir du cercle vicieux de la croissance.
En se rendant sur leurs pages vous trouverez une video qui présente le projet (à voir et à revoir), le site est en lui même très intéressant et bien documenté.
Peut-être que certains d’entre vous regretteront comme moi que la souscription kisskissbankbank soit déjà close, je n’ai moi-même eu vent de ce projet que tardivement malheureusement.
Mais rassurez-vous, d’autres ont largement abondé la cagnotte de Cyril et Mélanie puisque le montant récolté est le double du projet initial.
Bravo à Mélanie et à Cyril, nous attendons le film avec impatience !
Il y aura bien sûr une annonce de sa sortie dans ces colonnes.
En attendant, Courage ! Fuyons !
Egavar

La crise ? c’est fini !

crise Larousse
J’ai emprunté la définition du mot crise ci-dessus à nos amis du grand Larousse.
Bizarrement, l’etymologie du mot semble loin du sens qu’on lui donne souvent, son origine grecque (crisis) lui donnant au départ le double sens de décision et jugement. Mais à y regarder de près, peut-être pas tant que ça … (1)
Quoiqu’il en soit le mot désigne une période courte par rapport à la durée de vie d’un système, d’un régime, d’une civilisation etc.
De toute évidence cela n’est pas le cas de notre bonne vieille crise économique qui dure maintenant depuis plusieurs années.
La vrai crise, qui a donné des frayeurs aux financiers et aux investisseurs, est terminée, depuis longtemps. Les vrais victimes sont ceux qui y ont perdu leur retraite, leurs économies ou leur emploi, pas ou peu d’investisseurs. Pour le reste la mécanique capitaliste est repartie de plus belle, avec un zest de croissance en moins (dû j’en suis persuadé au passage du pic de production d’hydrocarbure).
   
   
La notion de crise (économique) qui dure a été finalement acceptée par tous et a permis de licencier et d’envoyer encore plus d’emplois dans des pays à bas coûts et sans protection sociale, ce qui a permis de sécuriser les investissements et d’améliorer les profits. Le tout sans que personne n’y redise grand´chose puisque « c’est la crise ».
   
Une crise est généralement la charnière vers un nouvel état stable. Nous sommes donc déjà passé dans ce nouvel état stable, avec des profits restaurés, des avantages sociaux rognés, moins d’emploi, moins de salaire, moins de croissance, mais ça personne ne se demande pourquoi !
   
   
La crise est donc terminée ?
et bien oui !      ….. Jusqu’à la prochaine.
   
   
Cette fois, à moins de changer radicalement notre attitude d’ici là, (ce qui signifie remettre en cause notre modèle économique et de société) la prochaine crise risque d’être encore plus douloureuse et faire encore plus de victimes. Il se peut que cette fois ce soit avec de vraies blessures en lieu et place des saignements de porte monnaie de la dernière.
L’histoire humaine, rappelle Serge Latouche, a malheureusement montré qu’il faut que la crise arrive pour se rendre compte de la situation, et qu’il est généralement trop tard pour en éviter les effets.
Si vous êtes courageux,  lisez sur ce thème le petit livret publié par Yves Cochet, Jean-Pierre Dupuy, Susan George et Serge Latouche qui s’intitule : « Où va le monde ? 2012-2022 : une décennie au devant des catastrophes », court mais percutant.
   
   
Où va le monde
Regardons les choses en face …. Allez,
Courage ! Fuyons !
Egavar

L’effet papillon

Il y a quelques semaines nous visitions avec notre association AVM (Arboriculture de la Vallée de la Mossig) le jardin des papillons d’Hunawhir. J’y suis retourné depuis et ai eu la chance de pouvoir bavarder avec un des employés de la serre, passionné de … Papillons.
J’en ai rapporté quelques informations étonnantes …

Il y a entre 175 000 et 300 000 espèces de papillons dans le monde dont la majorité (75 % ?) est originaire des zones tropicales, dont 25% du Costa Rica.

La serre achète tous ses papillons à l’état de chrysalide au Costa-Rica et en Angleterre où un revendeur regroupe la production de plusieurs petits éleveurs disséminés dans le reste du monde.SONY DSC
Toutes les chrysalides proviennent d’élevage et il en faut environ 600 par semaine pour maintenir la population que l’on peut voir dans la serre. Avec 30 semaines d’ouverture, cela représente environ 18 000 chrysalides pour une saison.
Les chenilles de la trentaine d’espèces présentées sont plutôt voraces : de la taille d’un doigt, 3 chenilles ingurgitent l’équivalent d’une feuille de bananier (de plus d’un mètre) dans la nuit. Inutile de dire que vouloir élever ces gloutons sous nos climats serait un défi, si ce n’est que pour leur fournir le feuillage des quelques 3 000 ou 4000 palmiers (ou équivalent selon les espèces) nécessaires.
Sans compter qu’il faudrait également produire ces plantes dans les mêmes conditions tropicales !

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Ceci pour expliquer le fait que, comme dans toutes les serres de ce type en Europe, les papillons naissent sur place à partir de chrysalides importées, et que les « soigneurs » surveillent avec attention les possibles pontes dans la serre !

Pour revenir sur notre continent, sur les 125 espèces endémiques en Europe, seules 30-40 sont encore observables de façon régulière. Il faut monter au delà de 1500 mètres d’altitude pour retrouver des populations comparables à celles du siècle dernier. On estime qu’en Europe 50% des espèces de papillons des prairies ont disparu entre 1990 et 2011, soit à peine plus de 20 ans, et 75% en Angleterre dans la même période.

Pour revenir à mon précédent billet sur le colibri : et si l’approche du colibri déclenchait un effet papillon ?

Allez, je vous laisse
Courage, Fuyons !

Egavar

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L’Attacus Atlas d’Asie (voir la photo magnifique) dont nous avons pu voir une chrysalide et son cocon (solide comme de la toile goudronnée) :

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(Serre aux papillons d’Hunawhir visite du 25 juillet 2014)

La légende du colibri

Connaissez-vous Pierre Rabhi ?

Il fait partie des personnalités du monde des « décroissants » auxquelles je me réfère souvent, en partie pour son approche humaine de la question écologique mais également pour son courage à se lancer dans des entreprises ambitieuses comme Kokopelli ou Colibris ( http://www.colibris-lemouvement.org/colibris/la-legende-du-colibri, voir sa biographie, car la liste est longue !).

Enfin j’aime aussi beaucoup le lien qu’il entretient entre sa vie, ses activités et la poésie.

Justement, à propos de poésie et de colibri.

Dans ses conférences, Pierre Rabhi a pour coutume de raconter une fable, d’origine amérindienne, que je rapporte ici et que vous retrouverez sur le site de Colibris :

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »

Voilà, dans mon billet précédent je vous avais promis de donner quelques pistes sur « quoi faire et comment faire pour décroître ? »

Pierre Rabhi nous donne là le secret de sa réussite, et une première piste dans cette direction.

Courage , Fuyons !

Egavar

L’oeuvre de Pierre Rabhi, agroécologie :
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pierre_Rabhi