Dans le numéro de février vous trouviez sous la même plume un petit texte sur les « havres de paix », ces zones de confort que Humair Haque propose pour se faire du bien : réseaux de personnes, lieux de vies, associations, activités .… pour se préparer à faire face aux catastrophes à venir. Humair écrit alors sur la base de son expérience et de sa réflexion personnelle. Avec une approche tout à fait différente, Pablo Servigne, auteur francophone, vient de publier un essai qui développe ce point de vue et qui fait la synthèse de plusieurs travaux de recherche sur le sujet. Comment garder le moral, éviter la dépression en face des catastrophes qui déferlent sur le monde, ou tout simplement faire face à l’adversité ? Comment se sentir plus serein devant les menaces ? L’ouvrage de P. Servigne vient à point nommé pour mettre de la science et de l’optimisme dans un contexte plus que morose.
Quelle différence y-a-t-il entre ce que nous vivons et la fin des grandes civilisations qui nous ont précédés ?
Les peuples des civilisations disparues ne se sont pas évaporés : ils ont fuit leur territoire, se sont installés, fondus dans d’autres villes, dans d’autres civilisations, d’autres pays. Leurs descendants sont toujours là.
La fin de notre civilisation sera tout autre, elle sera cette fois mondiale. Et il n’y aura donc pas d’autres endroits où fuir. Des milliards de personnes vont disparaître dans les famines, les guerres et les catastrophes naturelles (et anthropiques).
Richard Heinberg a écrit un livre considérable (« POWER ») qui constate, explique et donne des pistes pour mieux vivre cette catastrophe annoncée, mieux survivre plutôt. Son travail est exceptionnel. A l’heure où j’écris ces lignes il n’existe pas de traduction de cet ouvrage en français, ce qui est malheureux. C’est sur ce constat que j’ai décidé d’en traduire et d’en diffuser des extraits dans ces pages. Il y aura des suites à cet article, beaucoup d’articles seront nécessaires pour pouvoir donner une pâle idée de cet immense travail.
Pour cette première tentative, j’ai choisi de commencer par la fin de l’ouvrage en vous livrant les conseils que donne Richard Heinberg aux jeunes gens du XXIème siècle. Il suffira d’en lire quelques lignes pour comprendre que ces conseils concernent également les parents et tous les citoyen(ne)s.
Conseils aux jeunes gens du XXIème siècle
Apprenez comment produire de la nourriture, étudiez la permaculture
Apprenez à déchiffrer les gens, vous aurez besoin de savoir si les personnes qui vous entourent sont dignes de confiance
Soyez dignes de confiance sans quoi les personnes intelligentes et dignes de confiance ne s’associeront pas avec vous
Apprenez à vous exprimer clairement et avec persuasion
Il n’y a pas de mal à ne pas faire d’enfants, il y a déjà des tas d’humains sur la planète
Apprenez à prendre des décisions consensuelles et à travailler en équipe, soyez une personne avec qui les gens aiment travailler
Apprenez à réparer et à utiliser des technologies relativement simples. Des études informatiques ou de hacker sont payantes à court terme mais à plus long terme il sera plus profitable de savoir réparer des outils agricoles ou de construction et des petits moteurs. Apprenez à transformer les rebuts en pièces de rechange.
Apprenez comment fonctionne l’énergie. Devenez capable de repérer des sources d’énergie dans votre environnement et de maîtriser cette énergie pour produire du travail utile.
Apprenez à vous défendre. Malheureusement, pour le reste de ce siècle, le monde sera très probablement violent. Et si cela ne se passe pas comme cela les arts martiaux sont toujours utiles pour le controle de soi.
Apprenez à soigner le corps humain avec des aliments, des herbes, des trousses de secours de base.
Apprenez à reconnaitre les effets subjectifs des hormones sexuelles, de la dopamine, et des autres éléments de la chimie du cerveau et trouvez un moyen de les maîtriser quand ils vous menacent de vous envoyer dans le décors. Au contraire, canalisez-les pour vous aider à atteindre des objectifs.
Apprenez la nature, mémorisez les noms des plantes locales, des oiseaux et des insectes, observez leurs comportements, apprenez à être à l’aise dans la nature.
Apprenez à produire de la beauté au travers de l’art, de la musique, ou du mouvement et comment entrainer d’autres dans des activités créatives et festives.
Apprenez comment maitriser les douleurs et les chagrins, et comment aider les autres à traverser ces crises. Apprenez comment et quand utiliser l’humour pour relâcher les tensions.
Personne ne peut faire tout ça. Faites de votre mieux.
Octobre, c’est le moment de faire le bilan sur l’été passé, les récoltes, les difficultés rencontrées. Un mois de mai frigorifique, un début d’été assez anxiogène avec un mois de chaleur intense et de sécheresse totale, la météo a une fois de plus fait des siennes. Partant de l’idée que, à l’image de l’eau, les ennuis observés en altitude se répercutent tôt ou tard dans la plaine …. Petit tour d’horizon de ce qui s’est passé en moyenne montagne
Dans la première partie de cet article nous sommes retournés sur les premiers pas de la permaculture en résumant le premier livre décrivant le concept, intitulé « permaculture one », écrit par Bill Mollison et David Holmgren en 1978. Dans cette deuxième partie je propose une analyse critique mettant en avant ce qui peut facilement être adapté en Europe et les points discutables de la proposition
Vous êtes les bienvenu(e)s sur mon site sans prétentions. Il m’a semblé que la seule action vraiment à ma portée pour aider mes contemporain(e)s dans la grande dégringolade écologique qui nous attend était d’écrire et de communiquer, en mettant mon expérience de journalisme technique au service de « la cause ». J’ai donc ouvert ces pages.
Les abonné(e)s du magazine Fruits et Abeilles me retrouvent chaque mois dans la rubrique écologie et les « passants » pourront retrouver ces articles dans ce blog sous forme de fichiers pdf.
Enfin, je réponds favorablement aux demandes des associations qui souhaitent ouvrir le débat le temps d’une conférence, en toute simplicité..
N’hésitez pas à commenter et alimenter le débat !
Vous trouverez quelques mots sur mes convictions sur ma page « indignons-nous ! »
Denis Gadot, alias Egavar
denis.gadot@egavar.fr
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Les vagues de chaleurs inégalées, les incendies et autres catastrophes de cet été vont probablement convaincre les plus septiques de la nécessité d’agir, du besoin de s’attaquer à la crise écologique qui couve depuis un siècle. L’aventure décevante de la convention citoyenne pour le climat (CCC) en France pose la question : y-a-t-il un plan qui nous permettrait de limiter les dégâts d’ici 2050 ? Qui aura le courage de l’appliquer ? La société civile s’est mobilisée ces deux dernières années pour produire des plans très élaborés et très sérieux. Petit tour de quelques propositions hexagonales et d’ailleurs.
Dans les années 2000, Kofi Annan, alors secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies commande un rapport d’Evaluation des écosystèmes pour le millénaire. Son objectif sera d’évaluer l’ampleur et les conséquences de la pression de l’homme sur son environnement et d’en tirer des préconisations pour le nouveau millénaire. Ce rapport consacre l’expression « Services Ecosystémiques », apparue dans les années 1980, qui désigne les services « fournis » par les écosystèmes et dont les humains « bénéficient ». Etant donné notre ambition de respecter et utiliser autant que possible les processus naturels, nous sommes, en tant que « permies », très sensibles à ce sujet …enquête
Rationalité et humilité, le collectif, la bienveillance, la solidarité et la philosophie, la politique voici les 7 clés, les 7 facteurs de succès proposés pour aborder une « transition » …. qui n’en aura peut-être que le nom. Il est temps de donner une conclusion à cette série d’articles sur ce thème, avec des éléments pratiques, des directions possibles et quelques recettes pour bien vivre cette période difficile.