Suicide d’une civilisation

Ethiopie, 2018 @ Denis GADOT

Quelle différence y-a-t-il entre ce que nous vivons et la fin des grandes civilisations qui nous ont précédés ?

Les peuples des civilisations disparues ne se sont pas évaporés : ils ont fuit leur territoire, se sont installés, fondus dans d’autres villes, dans d’autres civilisations, d’autres pays. Leurs descendants sont toujours là.

La fin de notre civilisation sera tout autre, elle sera cette fois mondiale. Et il n’y aura donc pas d’autres endroits où fuir. Des milliards de personnes vont disparaître dans les famines, les guerres et les catastrophes naturelles (et anthropiques).

Richard Heinberg a écrit un livre considérable (« POWER ») qui constate, explique et donne des pistes pour mieux vivre cette catastrophe annoncée, mieux survivre plutôt. Son travail est exceptionnel. A l’heure où j’écris ces lignes il n’existe pas de traduction de cet ouvrage en français, ce qui est malheureux. C’est sur ce constat que j’ai décidé d’en traduire et d’en diffuser des extraits dans ces pages. Il y aura des suites à cet article, beaucoup d’articles seront nécessaires pour pouvoir donner une pâle idée de cet immense travail.

Pour cette première tentative, j’ai choisi de commencer par la fin de l’ouvrage en vous livrant les conseils que donne Richard Heinberg aux jeunes gens du XXIème siècle. Il suffira d’en lire quelques lignes pour comprendre que ces conseils concernent également les parents et tous les citoyen(ne)s.

Conseils aux jeunes gens du XXIème siècle

  • Apprenez comment produire de la nourriture, étudiez la permaculture
  • Apprenez à déchiffrer les gens, vous aurez besoin de savoir si les personnes qui vous entourent sont dignes de confiance
  • Soyez dignes de confiance sans quoi les personnes intelligentes et dignes de confiance ne s’associeront pas avec vous
  • Apprenez à vous exprimer clairement et avec persuasion
  • Il n’y a pas de mal à ne pas faire d’enfants, il y a déjà des tas d’humains sur la planète
  • Apprenez à prendre des décisions consensuelles et à travailler en équipe, soyez une personne avec qui les gens aiment travailler
  • Apprenez à réparer et à utiliser des technologies relativement simples. Des études informatiques ou de hacker sont payantes à court terme mais à plus long terme il sera plus profitable de savoir réparer des outils agricoles ou de construction et des petits moteurs. Apprenez à transformer les rebuts en pièces de rechange.
  • Apprenez comment fonctionne l’énergie. Devenez capable de repérer des sources d’énergie dans votre environnement et de maîtriser cette énergie pour produire du travail utile.
  • Apprenez à vous défendre. Malheureusement, pour le reste de ce siècle, le monde sera très probablement violent. Et si cela ne se passe pas comme cela les arts martiaux sont toujours utiles pour le controle de soi.
  • Apprenez à soigner le corps humain avec des aliments, des herbes, des trousses de secours de base.
  • Apprenez à reconnaitre les effets subjectifs des hormones sexuelles, de la dopamine, et des autres éléments de la chimie du cerveau et trouvez un moyen de les maîtriser quand ils vous menacent de vous envoyer dans le décors. Au contraire, canalisez-les pour vous aider à atteindre des objectifs.
  • Apprenez la nature, mémorisez les noms des plantes locales, des oiseaux et des insectes, observez leurs comportements, apprenez à être à l’aise dans la nature.
  • Apprenez à produire de la beauté au travers de l’art, de la musique, ou du mouvement et comment entrainer d’autres dans des activités créatives et festives.
  • Apprenez comment maitriser les douleurs et les chagrins, et comment aider les autres à traverser ces crises. Apprenez comment et quand utiliser l’humour pour relâcher les tensions.

Personne ne peut faire tout ça. Faites de votre mieux.

Réflexions au fil de l’eau ou lettre écrite de la montagne, publié dans Fruits et Abeilles d’octobre 2023

Octobre, c’est le moment de faire le bilan sur l’été passé, les récoltes, les difficultés rencontrées. Un mois de mai frigorifique, un début d’été assez anxiogène avec un mois de chaleur intense et de sécheresse totale, la météo a une fois de plus fait des siennes. Partant de l’idée que, à l’image de l’eau, les ennuis observés en altitude se répercutent tôt ou tard dans la plaine …. Petit tour d’horizon de ce qui s’est passé en moyenne montagne

La jungle de Solanum, Fruits et abeilles de septembre 2023

Depuis le 1er janvier 2019 et l’interdiction de l’utilisation de pesticides dans les jardins, pour ceux qui l’ont respectée, la diversité a explosé, même dans les cultures les plus monotones. Il suffit d’observer. Je voudrais aujourd’hui, alors que la récolte est terminée, partager les plus belles images de mes observations faites pendant les longues heures de traque de Leptinotarsa decemlineata, le fameux doryphore, dans une plantation de pommes de terre indemne de pesticide depuis 4 ans.

Le miracle de la biodiversité, Fruits et abeilles de juillet-août 2023

Alors que nous sommes entrés dans la 6eme et la plus importante ère d’extinction jamais vécue par notre planète, la sauvegarde de la biodiversité est dans tous les discours écologiques. Mais pourquoi défendre la richesse de la faune et de la flore ? Quels sont les bénéfices de cette diversité ? Quels sont les mécanismes en œuvre ? Comment la favoriser ? Quelles applications au verger et au jardin ? Pour adhérer à ce programme nous aimons bien comprendre. Explications.

Energie, puissance, pouvoir et temps Fruits et abeilles de juin 2023

Parmi les changements qu’il nous faut opérer dans nos vies pour aboutir à une société plus durable, il en est un, plus impalpable que tous les autres et qui pourtant les résume tous : changer notre rapport au temps : au temps qu’il fait et au temps qui passe, changer notre compréhension de l’énergie, de la puissance, et donc du pouvoir. Une rubrique où il est question de kilowatt-heure, d’énergie, de Joules, de carburant et de … SMIC. 

Transition écologique : prêt(e)s pour le grand saut ? paru dans Fruits et Abeilles de mars

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Soyons fous : supposons que les plans intelligents élaborés par toutes les bonnes volontés de la planète se réalisent, que la température moyenne n’augmente que de 1,5 degrés en 30 ans et qu’un beau matin de printemps 2050 nous re-découvrions le petit village de Grandlieu (300 habitants en 2022), situé en moyenne montagne, à 500 mètres d’altitude. Reportage.

« Développement durable, sustainable development » … et le monstre réapparu …

Une expression que je croyais s’enfoncer petit à petit dans l’oubli et qu’on pourrait maintenant considérer comme une provocation, le résultat d’une ignorance forcément volontaire de la situation actuelle, même si le propos reste inscrit dans le discours de beaucoup de dirigeants sur la planète et notamment dans les professions de foi de maint responsables politiques de l’UE et du gouvernement français, bien sûr. 

Le développement durable, c’est prétendre continuer à croître économiquement, c’est à dire à continuer à produire plus, extraire plus, polluer plus, jeter et détruire plus, sans limite, le tout en promettant que la planète restera vivable pour nos descendants (et pour nous-même !). Une belle illustration de l’expression « faire l’autruche » !

Reprenons les faits :

  • nous constatons que ce que prédisent les scientifiques depuis les années 1980 se réalise, visiblement encore plus vite et plus fort que prévu : tempêtes, inondations, sécheresses, canicules, baisse de la biodiversité et de la production agricole mondiale, pandémies … Il est donc urgent de ralentir la destruction de la planète sous peine de voir Sapiens disparaître
  • la population mondiale continue d’augmenter +1 milliard en 11 ans, et le rythme ne baisse pas : 2% par an pour encore des décennies
  • les pays qui n’ont pas encore atteint les conditions de vie au standard nord-américain et européen revendiquent le droit à construire les infrastructures nécessaires, et une partie croissante de la population mondiale adopte ce mode de vie (consommation d’énergie, de biens manufacturés, de viande …)
  • la décroissance s’impose donc pour absorber les deux phénomènes et pour essayer d’enrayer la catastrophe écologique qui se déroule sous nos yeux

Dans cette situation, comment oser prôner le « développement » , synonyme de « croissance » (que l’on ose plus utiliser) ? L’argument utilisé par les plus riches et leurs marionnettes politiques est qu’il est possible de faire croître l’économie sans augmenter la consommation de bien matériels, grâce à une économie de services … le découplage entre croissance et impact écologique … un seul mot me vient en tête : foutaise.

Timothée Parrique en a fait la démonstration dans sa thèse qui a été reçue et primée en 2019 : un gros pavé passionnant mais ardu à lire. Heureusement l’auteur en a fait un livre « Ralentir ou périr: L’économie de la décroissance » que chaque chantre du développement durable doit impérativement lire avant de reprendre la plume sur le sujet.

Fruits et Abeilles – rubrique permaculture – Le cycle de l’énergie – Janvier 2023

Il n’aura pas échappé au lecteur que, depuis un certain temps déjà, le soleil se lève à l’Est et se couche à l’Ouest. A force de le voir scander chacune de nos journées, à force de vivre une bonne partie de notre vie sous des éclairages artificiels, nous n’y faisons même plus attention, sauf quand il nous fait défaut au moment des vacances. Je voyais récemment dans les regards de l’assistance une lueur de doute lorsque je proposais de s’occuper principalement du soleil et de l’eau pour nos plantations, que le reste se ferait tout seul. Et pourtant cela est si vrai ! Cet article complète la série commencée en 2022 sur les cycles naturels, il essaie de déchiffrer le cycle complexe de l’énergie et quelques mécanismes qu’il faut connaitre

Fruits et Abeilles – rubrique permaculture – Retour aux sources de la permaculture 2/2 – Décembre 2022

Dans la première partie de cet article nous sommes retournés sur les premiers pas de la permaculture en résumant le premier livre décrivant le concept, intitulé « permaculture one », écrit par Bill Mollison et David Holmgren en 1978. Dans cette deuxième partie je propose une analyse critique mettant en avant ce qui peut facilement être adapté en Europe et les points discutables de la proposition

Bienvenue sur le site d’Egavar !

Mis en avant

Vous êtes les bienvenu(e)s sur mon site sans prétentions. Il m’a semblé que la seule action vraiment à ma portée pour aider mes contemporain(e)s dans la grande dégringolade écologique qui nous attend était d’écrire et de communiquer, en mettant mon expérience de journalisme technique au service de « la cause ». J’ai donc ouvert ces pages.

Les abonné(e)s du magazine Fruits et Abeilles me retrouvent chaque mois dans la rubrique écologie et les « passants » pourront retrouver ces articles dans ce blog sous forme de fichiers pdf.

Enfin, je réponds favorablement aux demandes des associations qui souhaitent ouvrir le débat le temps d’une conférence, en toute simplicité..

N’hésitez pas à commenter et alimenter le débat !

Vous trouverez quelques mots sur mes convictions sur ma page « indignons-nous ! »

Denis Gadot, alias Egavar

denis.gadot@egavar.fr

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