Colère Atomique

Je vais reprendre, une fois n’est pas coutume, la célèbre lapalissade de Pierre Dac qui écrivait : « lorsque les bornes sont franchies il n’y a plus de limite » que j’appliquerai cette fois aux deux députés Hervé Mariton (Dôme) et Marc Goua (Maine-et-Loire) auteurs du projet de rapport « sur le coût anticipé de la fermeture de la centrale de Fessenheim » présenté ce jour, mardi 30 septembre 2014 devant la commission des finances.

 
Sur la base d’un arrêt de la centrale d’ici fin 2016, nos députés débonnaires nous assènent tout simplement qu’en dehors des coûts de son démantèlement, l’arrêt de la centrale coûterait au contribuable français la somme de 5 milliards d’Euros pour … payer à EDF le montant des indemnités que cette dernière serait en droit d’obtenir devant un tribunal suite à cette fermeture « anticipée » !!!!!!

Là, si vous êtes comme moi, le souffle vous manque, les bornes de la connerie (désolé, je ne suis pas souvent vulgaire) sont franchies et plus rien ne nous retient.

Alors, corrigez moi si je me trompe, mais cette centrale, mise en service en 1977, dont la durée de vie prévue était de 40 ans, a bien été financée par EDF, à l’époque propriété à 100% de l’état Français ?

Et même si le capital d’EDF a été ouvert en 2004 au privé de façon symbolique pour répondre au diktat de l’Europe, l’état en reste propriétaire à 84,49 %.
Cette centrale et EDF appartiennent donc à l’état français, il n’est donc pas question de payer quoique ce soit à qui que ce soit pour cet arrêt.

Par ailleurs, dites-moi que je rêve quand je me souviens avoir entendu maintes fois que le prix de l’electricité que nous payons depuis le début du nucléaire français permettrait également de faire des provisions pour son démantèlement ? Et qu’il y a peut-être encore des prêts qui courent et dont nous payons les intérêts ? Il n’est donc pas non plus question de coûts de démantellement pour le contribuable.

Je me demande donc, à qui on va faire avaler cette couleuvre nucléaire ? À vous ? Pas à moi en tout cas.
Et si cette ineptie venait à se vérifier, je ferais immédiatement partie de ceux qui demanderaient la renationalisation immédiate de la compagnie avec un grand pied de nez à l’Europe.

Redevenons sérieux, il y a du pain sur la planche, nous devons prendre le chemin de la fermeture à long terme de toutes ces bombes à retardement. Le Président s’est engagé à réduire de 75% à 50% la contribution du nucléaire dans l’électricité française d’ici 10 ans et nous nous sommes engagés à réduire notre consommation d’autant. C’est le moment de réaliser ses promesses.

Et cela devient urgent, la plus grosse inquiètude venant du virage à 180 degrés des communiquants d’EDF et de certains politiques qui commencent à aborder le sujet des accidents nucléaires en les banalisant, transformant les catastrophes potentielles en accidents économiques qui coûteraient x % du PIB, parlent de plan de gestion de crises, de déplacements de populations, de financement des dépollutions, etc 
La vie n’est pas à vendre, pas chez nous en tout cas, circulez, fermons ces usines de mort.
Pour vous faire très peur, je vous propose de lire le dossier spécial sur ce sujet dans le numéro 1164 de septembre 2014 de Sciences & Vie ainsi que l’inénarrable papier des Dernières Nouvelles d’Alsace en date du 30 septembre, dans lequel vous apprendrez   les procédés utilisés par nos deux comparses députés pour aboutir à leur conclusion.

Allez, courage, fuyons !

Egavar

Ecossons nos petit pois

18 septembre 2014.

Vous avez peut-être jeté un oeil distrait, ou vous n’avez pas remarqué, le non-évènement de la tentative d’indépendance ratée de l’Écosse.
Cela ne nous concerne pas, c’est si loin …
Alors peut-être vous êtes-vous demandé pourquoi la Catalogne souhaite également se séparer de l’Espagne ?
Que peut-il y avoir derrière ces tentatives démocratiques surprenantes au premier abord ?
Il y avait cette semaine un très bon début de diagnostic dans l’éditorial de Jean-Claude Kieffer des dernières nouvelles d’Alsace, sous le titre « La douche écossaise ».
Je cite : « …. pourtant, une autre raison mérite d’être invoquée : celle de vouloir être gouverné au plus près, et non par une bureaucratie centralisée – à Bruxelles ou dans les capitales nationales – avec ses chapelles élitaires si éloignées des préoccupations quotidiennes. »

Excellents éléments de reflexion pour un gouvernement qui s’apprêterait à regrouper des régions, et à continuer d’éloigner les points de décision des lieux et personnes concernés, coup de semonce également pour le monstre bureaucratique Européen.

Il est revigorant de voir que, même si ces tentatives sont des échecs pour l’instant, le projet est capable de mobiliser les foules, et peut-être pourra-t-on voir naître bientôt des démocraties de proximité, qui permettront de gérer efficacement les « crises de croissance » (1) à venir.

Vive l’Alsace !

Allez, courage, fuyons !

Egavar

(1) cf mon article intitulé « La crise ? C’est fini ! »

« sans lendemain » : un couple de colibris apporte l’antidote

Vous vous souvenez sans doute de cet article dans lequel je vous proposais de voir l’excellente animation américaine traduite par nos amis belges et intitulée « sans lendemain » (no future) qui expliquait pourquoi notre civilisation industrielle basée sur la croissance n’a pas de futur.
J’avais d’ailleurs conseillé aux dépressifs de prendre leur médicament au préalable …
Et comme je me suis donné comme objectif de positiver en présentant des solutions plutôt que de remâcher de sombres pensées, je suis très content de partager avec vous l’antidote à « sans lendemain » : le projet de Cyril et Mélanie.
Cyril-et-Melanie
Ils ont décidé de faire un film qui montrera les initiatives prises de par le monde pour sortir du cercle vicieux de la croissance.
En se rendant sur leurs pages vous trouverez une video qui présente le projet (à voir et à revoir), le site est en lui même très intéressant et bien documenté.
Peut-être que certains d’entre vous regretteront comme moi que la souscription kisskissbankbank soit déjà close, je n’ai moi-même eu vent de ce projet que tardivement malheureusement.
Mais rassurez-vous, d’autres ont largement abondé la cagnotte de Cyril et Mélanie puisque le montant récolté est le double du projet initial.
Bravo à Mélanie et à Cyril, nous attendons le film avec impatience !
Il y aura bien sûr une annonce de sa sortie dans ces colonnes.
En attendant, Courage ! Fuyons !
Egavar

La crise ? c’est fini !

crise Larousse
J’ai emprunté la définition du mot crise ci-dessus à nos amis du grand Larousse.
Bizarrement, l’etymologie du mot semble loin du sens qu’on lui donne souvent, son origine grecque (crisis) lui donnant au départ le double sens de décision et jugement. Mais à y regarder de près, peut-être pas tant que ça … (1)
Quoiqu’il en soit le mot désigne une période courte par rapport à la durée de vie d’un système, d’un régime, d’une civilisation etc.
De toute évidence cela n’est pas le cas de notre bonne vieille crise économique qui dure maintenant depuis plusieurs années.
La vrai crise, qui a donné des frayeurs aux financiers et aux investisseurs, est terminée, depuis longtemps. Les vrais victimes sont ceux qui y ont perdu leur retraite, leurs économies ou leur emploi, pas ou peu d’investisseurs. Pour le reste la mécanique capitaliste est repartie de plus belle, avec un zest de croissance en moins (dû j’en suis persuadé au passage du pic de production d’hydrocarbure).
   
   
La notion de crise (économique) qui dure a été finalement acceptée par tous et a permis de licencier et d’envoyer encore plus d’emplois dans des pays à bas coûts et sans protection sociale, ce qui a permis de sécuriser les investissements et d’améliorer les profits. Le tout sans que personne n’y redise grand´chose puisque « c’est la crise ».
   
Une crise est généralement la charnière vers un nouvel état stable. Nous sommes donc déjà passé dans ce nouvel état stable, avec des profits restaurés, des avantages sociaux rognés, moins d’emploi, moins de salaire, moins de croissance, mais ça personne ne se demande pourquoi !
   
   
La crise est donc terminée ?
et bien oui !      ….. Jusqu’à la prochaine.
   
   
Cette fois, à moins de changer radicalement notre attitude d’ici là, (ce qui signifie remettre en cause notre modèle économique et de société) la prochaine crise risque d’être encore plus douloureuse et faire encore plus de victimes. Il se peut que cette fois ce soit avec de vraies blessures en lieu et place des saignements de porte monnaie de la dernière.
L’histoire humaine, rappelle Serge Latouche, a malheureusement montré qu’il faut que la crise arrive pour se rendre compte de la situation, et qu’il est généralement trop tard pour en éviter les effets.
Si vous êtes courageux,  lisez sur ce thème le petit livret publié par Yves Cochet, Jean-Pierre Dupuy, Susan George et Serge Latouche qui s’intitule : « Où va le monde ? 2012-2022 : une décennie au devant des catastrophes », court mais percutant.
   
   
Où va le monde
Regardons les choses en face …. Allez,
Courage ! Fuyons !
Egavar

L’effet papillon

Il y a quelques semaines nous visitions avec notre association AVM (Arboriculture de la Vallée de la Mossig) le jardin des papillons d’Hunawhir. J’y suis retourné depuis et ai eu la chance de pouvoir bavarder avec un des employés de la serre, passionné de … Papillons.
J’en ai rapporté quelques informations étonnantes …

Il y a entre 175 000 et 300 000 espèces de papillons dans le monde dont la majorité (75 % ?) est originaire des zones tropicales, dont 25% du Costa Rica.

La serre achète tous ses papillons à l’état de chrysalide au Costa-Rica et en Angleterre où un revendeur regroupe la production de plusieurs petits éleveurs disséminés dans le reste du monde.SONY DSC
Toutes les chrysalides proviennent d’élevage et il en faut environ 600 par semaine pour maintenir la population que l’on peut voir dans la serre. Avec 30 semaines d’ouverture, cela représente environ 18 000 chrysalides pour une saison.
Les chenilles de la trentaine d’espèces présentées sont plutôt voraces : de la taille d’un doigt, 3 chenilles ingurgitent l’équivalent d’une feuille de bananier (de plus d’un mètre) dans la nuit. Inutile de dire que vouloir élever ces gloutons sous nos climats serait un défi, si ce n’est que pour leur fournir le feuillage des quelques 3 000 ou 4000 palmiers (ou équivalent selon les espèces) nécessaires.
Sans compter qu’il faudrait également produire ces plantes dans les mêmes conditions tropicales !

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Ceci pour expliquer le fait que, comme dans toutes les serres de ce type en Europe, les papillons naissent sur place à partir de chrysalides importées, et que les « soigneurs » surveillent avec attention les possibles pontes dans la serre !

Pour revenir sur notre continent, sur les 125 espèces endémiques en Europe, seules 30-40 sont encore observables de façon régulière. Il faut monter au delà de 1500 mètres d’altitude pour retrouver des populations comparables à celles du siècle dernier. On estime qu’en Europe 50% des espèces de papillons des prairies ont disparu entre 1990 et 2011, soit à peine plus de 20 ans, et 75% en Angleterre dans la même période.

Pour revenir à mon précédent billet sur le colibri : et si l’approche du colibri déclenchait un effet papillon ?

Allez, je vous laisse
Courage, Fuyons !

Egavar

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L’Attacus Atlas d’Asie (voir la photo magnifique) dont nous avons pu voir une chrysalide et son cocon (solide comme de la toile goudronnée) :

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(Serre aux papillons d’Hunawhir visite du 25 juillet 2014)

La légende du colibri

Connaissez-vous Pierre Rabhi ?

Il fait partie des personnalités du monde des « décroissants » auxquelles je me réfère souvent, en partie pour son approche humaine de la question écologique mais également pour son courage à se lancer dans des entreprises ambitieuses comme Kokopelli ou Colibris ( http://www.colibris-lemouvement.org/colibris/la-legende-du-colibri, voir sa biographie, car la liste est longue !).

Enfin j’aime aussi beaucoup le lien qu’il entretient entre sa vie, ses activités et la poésie.

Justement, à propos de poésie et de colibri.

Dans ses conférences, Pierre Rabhi a pour coutume de raconter une fable, d’origine amérindienne, que je rapporte ici et que vous retrouverez sur le site de Colibris :

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »

Voilà, dans mon billet précédent je vous avais promis de donner quelques pistes sur « quoi faire et comment faire pour décroître ? »

Pierre Rabhi nous donne là le secret de sa réussite, et une première piste dans cette direction.

Courage , Fuyons !

Egavar

L’oeuvre de Pierre Rabhi, agroécologie :
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pierre_Rabhi

Courage ! Fuyons !

 Cela ne surprendra personne si je vous dis que je suis un défenseur de la décroissance et de la durabilité, et tant pis si le néologisme n’est pas très élégant, le terme me semble approprié. Je m’étais promis depuis longtemps d’écrire un article sur ce sujet pour expliquer de façon synthétique et simple de quoi il s’agit et pourquoi je défends ce mouvement et partage son analyse. Le voici. J’ai aussi promis d’essayer de répondre à la question qui m’est souvent posée : c’est bien joli ton point de vue, mais que changer ? comment  ? Ce sera la suite logique à ce premier billet sur ce thème.

Décroissance

Donc nous avons dit décroissance ….  les  mouvements dit des « décroissants » naîssent dans la deuxième partie du 20 ème siècle, entre la fin de la deuxième guerre mondiale et la sortie des 30 glorieuses. Il est animé par des sociologues et des économistes relayés par d’autres personnalités remarquables, comme Pierre Rabhi ou Toby Hemenway. La reflexion part tout d’abord du constat – qui n’était à l’époque pas largement admis – que les ressources non renouvelables de la planète étaient par définition limitées et que prétendre que l’on pourrait croître à l’infini, c’est à dire continuer à consommer toujours plus et sans fin ces ressources était une utopie.

terre

Le deuxième  déclencheur, ce sont les inégalités sociales qui augmentent avec la croissance, ce qu’étayent de très sérieuses études (11). Le progrès social, ou plutôt le mieux être, qui avait accompagné le progrès technique au milieu du XX ème siècle est en panne (1).

Croissance croissance croissance…

Le discours  largement dominant de la classe politique et des économistes « officiels » reste tourné exclusivement autour de la nécessité de croissance, de plus de croissance, qui est la condition de survie du modèle économique actuel, son carburant on peut presque dire (2). Par opposition, le mouvement des décroissants est avant tout un mouvement anti-croissance qui propose de réduire au plus vite notre pression sur l’environnement (on parlera de diminuer notre empreinte écologique) afin de permettre aux générations qui nous suivront de vivre dans des conditions au moins aussi bonnes que les nôtres, et pourquoi pas meilleures et en tout cas avec moins d’inégalités et plus de dignité. C’est aussi et surtout le slogan de ceux qui veulent agir et pensent que la cause n’est pas perdue.

 

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Note : pic de production de pétrole (ref Wikipedia)

Où en est-on en 2014 ? Nous avons passé récemment le cap des maximum de production (et donc de consommation) de très nombreuses matières premières dont la plus visible est certainement le pétrole, mais ceci est vrai pour d’autres produits qui nous semblent indispensables aujourd’hui : certaines matières de base comme les engrais, les terres rares utilisées pour construire les ordinateurs, écrans, la plupart des métaux rares nécessaires pour la fabrication de batteries de composants électroniques etc etc. Indépendamment de la consommation faite de ces matières, leur quantité est limitée (nous n’avons qu’une planète) et ne sont pas renouvelables.  (Le recyclage concerne peu ces produits rares). Se rajoute à ce phénomène la contrainte de pollution : bien qu’il reste assez de charbon pour un autre siècle et demi à la cadence actuelle (c’est à dire en arrêtant la croissance) il ne sera plus possible de l’utiliser massivement dans quelques décennies car la pollution générée va poser des problèmes de santé insurmontables (CO2, poussières …) qui toucheraient toutes les populations du nord ou du sud, riches comme pauvres.

N’oublions pas non plus l’eau douce, qui, bien que renouvelable, est progressivement rendue non potable par nos activités industrielles et agricoles.

L’agriculture et toute la civilisation actuelle étant tributaire de l’énergie fossile, de l’eau et autres matières en cours de disparition nous sommes donc bien dans une impasse.

Ce constat a été fait il y a maintenant plus de 30 ans. La mauvaise nouvelle est que les prévisions de fin de ces ressources s’affinent et convergent vers des dates bien plus proches que nous ne le pensions il y a seulement 10 ans (11) : 2050 pour le pétrole, 2040 pour l’uranium etc…. Cela signifie qu’avec l’espérance de vie actuelle, même les quinquagénaires d’aujourd’hui se trouveront confrontés aux effets de la pénurie à venir. Quant à leurs enfants, ils vont passer leur vie d’adulte dans ce contexte !

Et même les stratégies « après moi le déluge » ont du plomb dans l’aile !

empreinte

Note : Cette courbe montre l’évolution du nombre d’équivalent-terres consommé par l’homme, c’est à dire que nous consommons pour l’instant 1,2 terres ….. en d’autres termes que les « 0,2 » de trop sont des « dettes » vis à vis de notre environnement.

Par ailleurs, la population des terriens croît à une telle vitesse (10 milliards d’individus à l’horizon 2050 soit dans à peine plus de 30 ans ! ) (6) qu’elle va croiser rapidement la courbe descendante des surfaces agricoles grignotées par l’expansion des habitations, de l’industrie, des commerces et des routes et rendues stériles par le changement climatique et les pratiques agricoles actuelles. Il sera donc impossible dans ce contexte de nourrir une telle population, du moins sur la base du train de vie actuel de la minorité riche [occidentale], si rien ne change en tout cas.

Il n’y a donc pas de futur possible pour une humanité inscrite dans un cycle de croissance infinie, qu’il s’agisse de la croissance du nombre de « locaterre » ou de l’augmentation de la consommation de chacun d’entre eux. Toby Hemenway intitule une de ses conférences « Comment la permaculture peut sauver l’Humanité et la Terre, mais pas la civilisation » (5) : tout est dit ! C’est pour proposer une alternative face à cette impasse qu’est né le mouvement des décroissants (4) et quelques autres de part le monde.

Les mouvements décroissants

L’agriculture a une part importante à jouer dans les solutions au problème que pose la croissance. C’est donc sans surprise que l’on retrouve parmi ces mouvements des projets inspirés par de nouvelles pratiques agricoles. La plupart de ces mouvements ont également des composantes culturelles, sociales et sociétales, quelquefois politiques. Pour en citer quelques-uns :

  • le mouvement « permaculture » (d’origine Australienne)
  • Masanobu Fukuoka (Japon)
  • Buen Vivir (Ande, Amerique du sud)
  • les décroissants (France)

Et si on ne faisait rien ?

Que se passerait-il si nous ne faisions rien ?

Les scénarios envisagés par les scientifiques, les sociologues et les intellectuels qui partagent le point de vue des décroissants ne sont pas réjouissants : les guerres y sont en bonne place, voir Jacques Attali (1), Serge Latouche (12), Paul Aries (10), etc.

Que faire ?

Comme le colibri de Pierre Rabhi (9), chacun peut apporter sa contribution, même si l’immensité de la tâche peut effrayer, et je reviendrai très prochainement sur ce thème. Pour l’essentiel il nous faut tous œuvrer pour fuir le productivisme et le consumérisme, la mission est difficile, d’où mon mot d’ordre :

Courage ! Fuyons !

… ce modèle qui nous mène à une impasse.

À bientôt sur le même sujet.

Egavar


 

Les exemples et expériences concrètes :

Le village de Marinaleda en Andalousie : http://www.liberation.fr/monde/2014/02/17/marinaleda-le-cuba-andalou_980841

L’école et le village de Sophie Rabhi

http://www.la-ferme-des-enfants.com/voir_aussi_ecole_bibliographie.html

Pierre Rabhi, agroécologie :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pierre_Rabhi

Habitat participatif, groupé :

Renvois ————————–

(1) Voir l’interview de Jacques Attali dans le dépliant CLES spécial progrès publié avec le soutien d’EDF

(2) « sans lendemain » https://www.youtube.com/watch?v=a0J2gj80EVI&desktop_uri=%2Fwatch%3Fv%3Da0J2gj80EVI&app=desktop&feature=share_email

(3) http://www.legrandsoir.info/le-concept-andin-de-buen-vivir-et-l-ecosocialisme.html

(4) http://www.decroissant.org

(5) http://www.youtube.com/watch?v=8nLKHYHmPbo

(6) http://www.planetoscope.com/natalite/5-croissance-de-la-population-mondiale-sur-terre-naissances—deces-.html

(7) http://mktg.factosoft.com/consoglobe/image-upload/img/evolution-population-mondiale.JPG)

(8) wikipedia :  https://fr.m.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9croissance_(%C3%A9conomie)

(9) https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pierre_Rabhi

(10) Paul Aries, La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance, La decouverte, 2011

(11) Le rapport du Club de Rome (1972) « mise à jour des 30 ans » (désolé, en anglais) http://www.donellameadows.org/archives/a-synopsis-limits-to-growth-the-30-year-update/

(12) Yves Cochet, Jean-Pierre Dupuy, Susan George, Serge Latouche, Où va le monde ? 2012-2022 d une décennie au devant des catastrophes.

Arthur et le Ragon rouge

Arthur est un petit garçon, il a crois ans. C’est mon petit-fils. Rien que pour cela je pourrais le considérer comme extraordinaire, comme ses cousins et cousines. Non, Arthur est extraordinaire car il est le seul enfant que je connaisse qui soit à ce point expert en ragons. Mais le mieux est de le laisser raconter lui-même ses aventures.

ragon rouge

Aujourd’hui Maman nous a confié à Mamy et Papy avec mon frère Robin. Nous, on aime bien. En plus nous avons été chez Mamy Sophie dans la montagne, une grande aventure.

Dans la voiture nous avons parlé avec Mamy et Papy de mes ragons. Mamy a tout de suite prétendu que les ragons cela n’existait que dans les livres. En fait je crois qu’elle dit ça pour que je ne fasse pas de cauchemars la nuit avec les ragons qui viennent me voir. Et puis, si ça n’existe que dans les livres pourquoi apprendrait-on dans des livres des trucs qui n’existent pas ? Je crois qu’elle n’est elle-même pas très sure, elle dit bien qu’elle n’en a jamais vu, mais est-ce que ça veut dire ? je les vois, elle ne les voit pas c’est tout ! mon Papy, c’est autre chose. Il m’a dit tout de suite qu’il était d’accord et m’a même expliqué des tas de choses : par exemple comment les ragons se mettent à grogner en provoquant le tonnerre lorsque quelqu’un les dérange ou leur fait mal. Je suis aussi d’accord avec lui, ce sont eux qui crachent les éclairs et le feu. On s’est aussi dit que c’était eux qui faisaient la pluie en faisant pipi.   Il y a pourtant deux sujets qui nous séparent. C’est que j’ai un doute sur Papy et sur Mamy Sophie. Mamy Sophie dit que les ragons sont noirs alors que Papy prétend qu’ils sont verts. Tous ça c’est des racontars puisque je sais bien moi qu’ils sont rouges. Je les soupçonne de ne jamais en avoir vu et de me raconter des salades. Dans l’après-midi j’ai montré à Papy le ragon qui a couché les fleurs de Mamy Sophie dans le jardin, il est passé rapidement en écrasant tout. Papy n’a rien vu. On se dispute aussi sur leur caractère. Papy dit qu’il y en a des gentils. Je n’y crois pas. Il dit qu’il y en a un petit dans le fourneau de Mamy Sophie et qu’il en a un tout petit bébé dans sa poche qui crache une toute petite flamme. Cette fois c’est n’importe quoi je crois. Avant de partir Tati Colette a découvert qu’il y avait une cage de lapin ouverte. Bizarre. Personne n’a parlé du ragon cette fois, peut-être que Robin … ?

Finalement nous sommes rentrés à la maison, j’étais prêt à affronter de nouveau le ragon de ma chambre. Mamy a raison, c’est vrai qu’il me fait un peu peur la nuit quand je me réveille et qu’il me regarde avec ses yeux de feu. En même temps et si celui-ci était gentil ? Nous sommes arrivés endormis et  je me suis réveillé le lendemain, je n’ai pas vu le ragon cette fois. Il faudra que je réussisse à lui parler une nuit … peut-être pourra-t-il me dire si il a des cousins verts ou noirs ?

Consommer « solide » ou le syndrome du tire-bouchon chinois

Parmi les objets qui me sont chers se trouvent un tire-bouchon et une horloge comtoise tout deux hérités de mon Grand-Père.
J’ai souvenir d’avoir vu ce dernier utiliser ce tire-bouchon alors que j’étais enfant, il y a environ 50 ans, peut-être en avait-il d’ailleurs lui-même hérité ? Simple et fiable, Il est fait d’acier et d’aluminium, est très fonctionnel. Comble de sophistication, il comporte une lame de rechange, qui n’a bien sûr jamais servi, malgré l’intérêt que son propriétaire manifestait pour les bons vins.
La grande horloge est tout autre. Mon père se souvient qu’étant jeune – il devait avoir une douzaine d’années – cet instrument lui rendait impossibles les nuits qu’il passait régulièrement dans la chambre de SON grand-père, avec ce carillon toutes les demi-heures et l’égrenage de chaque heure.
Enquête menée, cette horloge familiale date en fait de 1848 environ, bientôt 170 ans.
Après une courte réparation l’année dernière, qui a surtout consisté à lui retrouver deux poids, une manivelle, un meuble, un balancier (d’époque, svp, merci aux enfants qui nous ont fait cet inestimable cadeau et à cet horloger de génie qui fût leur complice)
Et à lui faire subir un nettoyage. Et la voilà comme neuve qui rythme le temps maintenant à la maison avec une précision incroyable.
Tic,tic-tac, la vielle horloge de Grand-Mère,
Tic-tic-tac ….(1)

Où veut-il en venir direz-vous ?

Vous avez tous probablement déjà fait l’expérience du tire-bouchon de foire chromé dont la tête décapsuleuse a déclaré forfait à sa première rencontre avec une bouteille de bière ? Et la paire de ciseaux qui n’a jamais rien coupé ? La lampe de poche qui a rendu l’âme la première semaine ? La perceuse qui s’est mise à fumer au premier perçage, le ciseau à bois abîmé lors de sa première confrontation avec le balsa ….
Tous ces objets ont un points commun : ils sont pour la plupart des imitations, des « ersatz » comme disait Morris (2), des facsimile pour certains (cad pour lesquels l’intention même de faire un outil fonctionnel n’est pas prouvée) , donc dis-je, des reproductions d’objets usuels qui furent dans le passé des outils ou accessoires ayant une durée de vie illimitée à l’échelle humaine, que l’on se transmettait de génération en génération, telles la passoire et la louche en aluminium ou la hâche, et qui sont maintenant produits dans des pays lointains avec des matériaux de mauvaise qualité dont les dimensions ont été réduites (épaisseur, largeur, diamètre) afin d’en diminuer le coût de production.

Le résultat ? Des milliards d’unités de ce type arrivent par bateau en Europe chaque année, passent brièvement par l’étal du marché pour atterrir sans coup férir dans nos déchetteries après la première tentative d’utilisation, voire quelquefois avant.

Qu’y faire ?

Citoyens de tous les pays …. Vous avez le pouvoir en tant que consommateur. Refusez tout net de participer à cette gabegie, achetons du solide, fabriqué proche de chez nous !

Maintenant voilà, je sais, ça n’est pas facile, et puis, il est si tentant ce lot de dix tire-bouchons de différentes couleurs ….. !

Courage, … fuyons !
(1) Pierre Chêne, chanteur et conteur
(2) William Morris, « l’Age de l’ersatz’, cité par Paul Ariès dans « La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance »

Pour une agriculture [plus] durable

CaptureLe 4 avril, demain ! j’aurai le plaisir de faire une communication autour de l’agriculture durable dans les locaux de l’association d’Arboriculture de la Vallée de la Mossig (AAVM). Autour de ce thème nous ferons tout d’abord un voyage dans le temps pour comprendre comment l’Agriculture est née et s’est propagée dans le monde, avec ses effets sur la société humaine et sur les paysages. Nous ferons ensuite un inventaire des besoins de nos exploitations agricoles d’aujourd’hui avec une attention particulière aux éléments non durables (épuisables) en jeu dans leur fonctionnement. Pour finir nous essayerons de donner des pistes de réflexion dans la direction du « plus durable ».
Mais voilà, il y a en quelques sorte des « devoirs à la maison » avant de venir participer au débat ! je vous propose en effet en guise d’introduction de regarder l’excellente animation « sans lendemain » traduite grâce à nos amis belges. Elle donnera le ton.

Pour ceux termineraient dépressifs après cette superbe réalisation je vous propose l’antidote avec les tomates même si on rit jaune quelquefois.

Et pour qui ne sont pas dégoûtés d’ici là, rendez-vous demain soir !

Egavar